HippoVino Hebdo

Voici les éditions précédentes de l'infolettre HippoVino Hebdo. Les vins et les infos vineuses de la semaine.

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    Après Claude Langlois, critique vin du Journal de Montréal, c’est autour de son collègue Jacques Benoit de La Presse d’annoncer sa retraite cette semaine. Ils ont tous les deux accompagné les québécois durant les trente années les plus significatives de leur découverte du vin. De grands dégustateurs, mais avant tout de grands communicateurs qui ont su vulgariser avec talent un milieu réputé pour son vocabulaire hermétique.

    Je suis de ceux qui lisent énormément sur le vin, en français ou en anglais, des auteurs québécois, européens comme nord-américains. Autant Claude Langlois que Jacques Benoit m’ont apporté beaucoup, semaine après semaine, par la précision de leur écriture et aussi par leur immense humilité devant un sujet qui est tout sauf une science exacte.

    Pour les non-initiés, rappelons que la semaine des Primeurs de Bordeaux est une période de dégustation « en primeur » du millésime de l’année qui vient de se terminer, donc 2015 dans ce cas-ci. Ces dégustations sont réservées aux professionnels, critiques et négociants de premier niveau. Les prix seront annoncés dans les jours suivants et les grossistes pourront ensuite placer des pré-commandes pour réserver les quantités qu’ils prévoient vendre.

    Le hic est que les vins n’ont pas encore fini leur période d’élevage. Les vins dégustés sont donc des échantillons prélevés en barrique et mis en bouteille pour l’événement. La cuvée finale sera obligatoirement différente et il faut un dégustateur vraiment très expérimenté pour pouvoir juger d’avance un vin en devenir. Les acheteurs qui placent ensuite des pré-commandes à leur tour pour profiter d’un prix préférentiel font donc un acte de foi. Mais ils peuvent parfois faire une bonne affaire, si le vin final est très réussi et que son prix flambe après sa sortie.

    Il en est des statistiques sur le vin comme des autres, certains voient le verre à moitié plein, d’autres à moitié vide et si une baisse est en vue, on accuse les jeunes. Je lisais donc dernièrement qu’on prévoit une baisse de la consommation de vin aux États-Unis en 2016, une première depuis 20 ans. Ce serait parce que les jeunes boivent du vin, mais aussi des spiritueux et de la bière.

    Pourtant, quand on creuse un peu, on peut trouver un peu plus de données et parmi elles, le fait que le segment de marché dont la consommation a augmenté le plus, ce sont justement les jeunes. Ils représentent maintenant 36 % des buveurs de vin américains et ont bu 42 % de tout le vin consommé dans ce pays.

    Un premier éclaircissement : oui, on peut boire du Champagne en dehors de Fêtes de Noël ! En fait, les bulles, c’est toujours bon. Mais il est vrai que beaucoup de gens attendent une occasion spéciale pour déboucher un vin pétillant. Comme Pâques est pour bientôt, l’occasion est toute trouvée, d’autant plus que les vins effervescents sont excellents pour accompagner un menu de brunch.

    Deuxième éclaircissement : il y a plusieurs éléments qui différencient les champagnes des autres bulles. C’est justement pour cela que le nom méthode champenoise a été remplacé par méthode traditionnelle pour indiquer la seconde fermentation en bouteille. On en avait d’ailleurs parlé dans notre billet sur le prix du Champagne. Si ces éléments ont un impact sur le prix, ils ont aussi un impact sur les saveurs. Dire qu’un mousseux goûte comme un champagne, c’est comme dire que tous les vins rouges goûtent la même chose.

    Dans les sujets les plus récurrents quand on parle de vin, celui du prix payé dans notre belle province bat des records. Il n’y a pas besoin d’être un prix Nobel d’économie pour remarquer que le vin est plus cher ici qu’en France ou qu’en Espagne. Mais on se doit aussi de remarquer que le vin n’est pas du tout taxé en France, alors qu’ici nos deux niveaux de gouvernement ajoutent deux taxes chacun : une taxe spécifique calculée par litre, plus la taxe de vente habituelle. En plus, le ministre des Finances du Québec exige de la SAQ un dividende élevé, qui n’est rien d’autre qu’une taxe cachée.

    Le résultat, comme nous l’avions expliqué dans un billet de blogue, est qu’un vin vendu 5.44 $ au prix de gros, finit par coûter 16.20 $ au consommateur québécois. Évidemment, les consommateurs européens paient un prix plus élevé que le prix de gros, mais cela reste moins cher qu’ici.

    Du 25 au 27 février 2016, au complexe Desjardins à Montréal, 21 producteurs de cidre participeront au Mondial des cidres SAQ. C’est une très belle occasion pour les montréalais de découvrir les excellents produits des cidriculteurs d’ici.

    Certes, les conditions météorologiques de l’hiver actuel sont peu favorables pour la production du cidre de glace, mais de toute façon ce sont les cuvées des millésimes précédents qui sont disponibles pour la dégustation en ce moment.