HippoVino Hebdo

Voici les éditions précédentes de l'infolettre HippoVino Hebdo. Les vins et les infos vineuses de la semaine.

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    La France vient d’être secouée par un énième faux scandale sur le vin. La diffusion à la télévision d’un documentaire accusant les traitements chimiques des vignes de tous les maux de la terre a déclenché une nouvelle tempête anti-viticulture. Mais si la charge est féroce, elle démontre surtout l’ignorance de ses auteurs.

    Si les vignes et les pommes sont parmi les cultures qui consomment le plus de produits de traitement, c’est avant tout parce que ce sont les produits dont la production s’étend sur la plus longue période de l’année. On les récolte en septembre ou octobre, le nombre de traitements effectués est donc forcément supérieur si on le compare à des légumes récoltés en juin. Les régions les plus traitées sont les plus humides, c’est juste une évidence.

    Le merveilleux monde du vin est aussi celui des interminables querelles de clocher. Celles-ci me tapent sur les nerfs mais on ne peut pas toujours les éviter. Plusieurs chroniqueurs refusent de noter les vins, ce qui est parfaitement leur droit. Le problème est avec ceux qui, au-delà de leur choix personnel, dénigrent ceux qui voient les choses autrement.

    Certaines critiques de la notation des vins touchent de bons points. Une note est certes réductrice, le portrait d’un vin mérite plus que des chiffres. Elle ne peut être un jugement absolu, puisqu’elle représente la dégustation d’une bouteille, à un moment donné. Malgré ces réalités, plusieurs consommateurs ne lisent rien de plus et s’y fient aveuglément. Une autre réalité, les chroniqueurs qui publient des notes ont souvent une plus forte influence, ce qui suscite des jalousies.

    D’un côté, on entend parler d’études scientifiques prouvant qu’une consommation modérée de vin est bonne pour la santé. La dernière en date est celle relatée dans ce billet de blogue, qui dit que les aliments riches en flavonoïdes, dont le vin rouge, réduisent les risques de pathologies telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires ou les troubles érectiles.

    D’un autre côté, des médecins remettent en question la notion de consommation modérée et souhaitent radicalement diminuer les quantités communément admises à l’heure actuelle. Les amateurs de vin crient au retour de la prohibition, ce qui est certainement un peu exagéré, mais la position des tenants du risque zéro pour la santé est tout aussi ridicule.

    C’est un article du New York Times paru il y a quelques jours qui m’a ouvert les yeux. Parmi les 52 destinations à visiter absolument en 2016, il n’y en a pas moins de 8 pour lesquelles le mot « wine » apparaît dans la liste des éléments importants. De plus, la destination numéro deux est Bordeaux et c’est relié à l’ouverture de la Cité du vin, prévue pour le mois de juin prochain.

    En rétrospective, 2015 nous a déjà donné la nomination des Climats de Bourgogne et des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Tout ceci démontre on ne peut plus clairement que l’intérêt pour le vin va bien au-delà de questions comme « quelle bouteille acheter pour boire avec un spaghetti bolognaise.»

    Oui, bien sûr, il y a le climat difficile pour la vigne, il y a une réglementation complexe et tâtillonne, sans oublier les défis de devoir vendre ses produits à un monopole d’État. Bref, les vignerons du Québec ont beaucoup de mérite à réussir à vous vendre du vin dans un tel contexte.

    Les ventes à la SAQ ont été particulièrement pénibles à propulser, mais l’initiative Origine Québec, dont nous avions parlé dans notre billet «Vins du Québec, un avenir prometteur – suite et fin », a été un franc succès. Le problème est que le volet financier impliquait une subvention aux vignobles pour leur permettre de vendre leurs bouteilles à moindre prix à la SAQ, afin de maintenir les profits de celle-ci. Ceci n’a d’ailleurs rien d’anormal, puisque la plupart des pays producteurs subventionnent leurs vignobles.

    Ce premier numéro de 2016 est bien sûr le moment de vous transmettre tous nos meilleurs voeux pour cette nouvelle année : santé, bonheur et prospérité, mais aussi beaucoup de bonnes bouteilles tout au long de l’année. Nous allons d’ailleurs vous en recommander plusieurs chaque semaine.

    Une autre tradition de cette période est celle des prédictions de tendances pour l’année à venir. Marc-André Gagnon, du site Vin Québec, et Marie-Hélène Boisvert, l’éternelle apprentie sommelière, s’y sont risqués avant moi. Comme plusieurs de ces tendances sont une continuation de l’évolution en cours, je vais plutôt vous parler de quelques changements qui me semblent se pointer à l’horizon.