HippoVino Hebdo

Voici les éditions précédentes de l'infolettre HippoVino Hebdo. Les vins et les infos vineuses de la semaine.

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    C’est la triste nouvelle du jour. Après la grêle de la semaine dernière, plusieurs vignobles français, notamment en Bourgogne et dans la Loire, ont été endommagés cette nuit par le gel printanier.

    Les vignerons craignaient ce risque, car l’hiver avait été extrêmement doux et les bourgeons se sont développés plus tôt que d’habitude. Il est évidemment trop tôt pour évaluer les conséquences précises sur la future récolte, mais les aléas climatiques sont un facteur sur lequel les producteurs n’ont guère de contrôle et qui peuvent les affecter de manière catastrophique.

    Le concours A.S.I. de Meilleur Sommelier du Monde 2016 s’est terminé hier à Mendoza en Argentine. Le grand gagnant est le suédois Jon Arvid Rosengren, sommelier au restaurant Charlie Bird à New-York. C’est donc lui qui aura son nom gravé sur le prestigieux Moët & Chandon Silver Trophy.

    Il a devancé deux français. David Biraud, chef sommelier du restaurant "Sur mesure par Thierry Marx" à Paris, représentait la France alors que sa compatriote Julie Dupouy, du restaurant The Greenhouse à Dublin, était en lice pour son pays d’adoption, l’Irlande.

    Le concours A.S.I. de Meilleur Sommelier du Monde 2016 commence vendredi à Mendoza en Argentine. Le Canada (et bien sûr le Québec) sont représentés par la talentueuse Élyse Lambert qui marche allégrement sur les traces de la grande Véronique Rivest.

    Élyse a déjà participé à ce concours en 2010 et a depuis décroché le titre de Master Sommelier, une première pour le Québec. Pour l’avoir croisée dans quelques dégustations, je peux vous dire que c’est une personne d’une grande amabilité et d’une grande simplicité. Pour la connaître un peu mieux, je vous recommande cette belle entrevue de Patrick Désy sur le blogue Méchants Raisins.

    On voit souvent apparaître dans la presse des articles sensationnalistes tels que celui-ci : Pourquoi distinguer un grand vin d'une piquette est très compliqué. Les thèses développées dans ces articles sont que la dégustation est une vaste fumisterie car on a montré qu’on pouvait pousser des gens (qui n’y connaissent rien) à dire qu’un vin était très bon en leur faisant croire qu’il était très cher. Quant au point de vue des experts, il serait nul car ils ne sont jamais d’accord entre eux.

    La fumisterie est en fait dans les articles en question. Effectivement, comme ils doutent beaucoup d’eux-mêmes, les gens qui ne connaissent pas le vin peuvent être facilement influencés et amenés à dire des stupidités à son sujet. Par contre, tous les cours de dégustation montrent que, lorsqu’ils sont placés dans un contexte détendu et qu’on leur explique les principes de base sans les influencer, ils se découvrent des qualités de dégustateur qui les surprennent.

    Après Claude Langlois, critique vin du Journal de Montréal, c’est autour de son collègue Jacques Benoit de La Presse d’annoncer sa retraite cette semaine. Ils ont tous les deux accompagné les québécois durant les trente années les plus significatives de leur découverte du vin. De grands dégustateurs, mais avant tout de grands communicateurs qui ont su vulgariser avec talent un milieu réputé pour son vocabulaire hermétique.

    Je suis de ceux qui lisent énormément sur le vin, en français ou en anglais, des auteurs québécois, européens comme nord-américains. Autant Claude Langlois que Jacques Benoit m’ont apporté beaucoup, semaine après semaine, par la précision de leur écriture et aussi par leur immense humilité devant un sujet qui est tout sauf une science exacte.

    Pour les non-initiés, rappelons que la semaine des Primeurs de Bordeaux est une période de dégustation « en primeur » du millésime de l’année qui vient de se terminer, donc 2015 dans ce cas-ci. Ces dégustations sont réservées aux professionnels, critiques et négociants de premier niveau. Les prix seront annoncés dans les jours suivants et les grossistes pourront ensuite placer des pré-commandes pour réserver les quantités qu’ils prévoient vendre.

    Le hic est que les vins n’ont pas encore fini leur période d’élevage. Les vins dégustés sont donc des échantillons prélevés en barrique et mis en bouteille pour l’événement. La cuvée finale sera obligatoirement différente et il faut un dégustateur vraiment très expérimenté pour pouvoir juger d’avance un vin en devenir. Les acheteurs qui placent ensuite des pré-commandes à leur tour pour profiter d’un prix préférentiel font donc un acte de foi. Mais ils peuvent parfois faire une bonne affaire, si le vin final est très réussi et que son prix flambe après sa sortie.